Entre deux eaux (ligne éditoriale)

A school of Fringelip mullet (crenimugil crenilabis),side view in a shallow lagoon.Red Sea, Egypt

Si notre histoire a longtemps été marquée par le débat souvent conflictuel entre science et tradition — religieuse principalement — il n’en a pas toujours été ainsi. Et le temps faisant son œuvre, ce qui autrefois était science est devenu tradition, tandis que (quelquefois) certaines traditions ont pris valeur de science.

Ainsi, aucune décision importante ne pouvait être prise dans l’Antiquité sans le concours de l’astrologie ; même si le débat n’est pas encore clos, la science d’aujourd’hui refuse toute influence des astres sur le destin des hommes, renvoyant l’astrologie au magasin des superstitions. En revanche — et c’est un fait qui ne surprend pas que les scientifiques — la physique moderne semble vouloir pêcher dans les eaux troubles des mythes génésiques : le « Big bang » n’est pas sans rappeler le « Fiat lux » de la Bible, tandis que le « Principe d’incertitude » d’Heisenberg ne peut aboutir à une cosmogonie valable sans que l’on donne une « Conscience cosmique » à l’Univers considéré comme un tout.

Il est devenu difficile, pour le traditionaliste comme pour le scientifique, de tenir encore aujourd’hui un discours excluant l’autre. Mais les vieilles habitudes sont difficiles à perdre : entre un rationalisme refusant toute hypothèse non vérifiée et un mysticisme considérant l’idée même de preuve comme hérétique, le dialogue semble impossible. Pourtant, les positions ne sont pas toujours aussi tranchées, et – fort heureusement – nombreux sont ceux qui ont tenté le dialogue, parfois au péril de leur vie.

C’est à ces esprits ouverts que s’adresse Aquilonia. D’abord, en permettant l’édition d’ouvrages anciens, souvent cités, mais quelquefois mal : revenir à la source des textes met à l’abri des contresens d’un texte de seconde, de troisième, voire de énième main, comme on en trouve, notamment sur Internet, où n’importe qui commente n’importe quoi — souvent n’importe comment. Ensuite, en favorisant la publication de nouveaux ouvrages, études ou fictions, qui encouragent une approche libre de tout préjugé.

Ce choix éditorial nous oblige à nager entre deux eaux, au risque de nous faire mordre autant par les hôtes de la surface que par ceux des grands fonds. Qu’importe, si c’est notre destin – ou si la raison nous y mène. Nous demeurons convaincu que seule la rencontre est enrichissante, et vous invitons à partager cette richesse.

 

 

2 thoughts on “Entre deux eaux (ligne éditoriale)

  1. Billet très instructif ! Sans être accro des dernières innovations technologiques j’avoue être intéressé par l’innovation qui d’une certaine façon est un reflet de notre société.

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